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L’état des résistances aux fongicides céréales en 2020

Céréales
16.02.2021
L’état des résistances aux fongicides céréales en 2020 - Septoriose Tritici

L’état des résistances aux fongicides en 2020 confirme la nécessité d’alterner et d’associer les familles chimiques.

Sur blés, augmentation des résistances de la septoriose aux triazoles

Selon le monitoring Syngenta (1) et les résultats issus de la note commune 2021 INRA/ANSES/ Arvalis (2), les souches de septoriose les moins sensibles aux fongicides triazoles continuent de progresser alors que les souches les plus sensibles ont désormais disparu. « Toutes les triazoles semblent concernées et cette situation nécessite de limiter le nombre de triazoles dans les programmes et de les appliquer en préventif » observe Fabrice Blanc, expert technique national fongicides céréales chez Syngenta.  L’intégration de solutions fongicides multisites comme le folpel et/ou le soufre au T1 permet également de ne pas appliquer de pression de sélection sur ces souches dans les zones où la pression septoriose est historiquement importante (Bretagne, Normandie, Hauts de France), et les résistances aux triazoles fortes.

Situation stable mais élevée de la résistance de l’helminthosporiose de l’orge aux carboxamides

Concernant les fongicides céréales de la famille des carboxamides, les résultats de la note commune nationale et du monitoring Syngenta montrent sur blé une certaine progression des souches de septoriose résistantes aux fongicides de cette famille. Le niveau de résistance reste malgré tout gérable pour l’instant et ne remet pas en cause leur efficacité sur la septoriose des blés. « Ces résultats confirment que la recommandation française de n’appliquer qu’un seul fongicide de la famille des carboxamides par hectare et par an est justifiée » précise l’expert.
En revanche, la situation est toujours préoccupante pour les fongicides de la famille des carboxamides vis-à-vis de l’helminthosporiose de l’orge avec un niveau élevé de souches résistantes, de l’ordre de 70 %, une situation stable malgré tout depuis 3 ans. « Les fongicides de cette famille conservent malgré tout une efficacité intéressante (30 à 40 %) lorsqu’ils sont associés à un autre fongicide » précise Fabrice Blanc.

Inquiétudes sur la progression des souches d’helminthosporiose résistantes aux strobilurines

« Mais, le phénomène le plus marquant de l’année », souligne Fabrice Blanc, « est la forte progression des souches d’helminthosporiose résistantes aux strobilurines qui a bondi de 30 à 60 % entre 2019 et 2020.  Cette situation peut s’expliquer par une application plus importante des fongicides de cette famille en raison d’une forte proportion d’emblavements de variétés d’orges sensibles à l’helminthosporiose, tendance qui diminue fortement depuis l’an dernier. « Pour préserver la famille des strobilurines, il est important de réserver leurs usages aux situations à risque helminthosporiose élevé (variété et conditions pédoclimatiques favorables) » ajoute l’expert.


Bon à savoir

  • Aucune résistance n’a été décelée concernant les rouilles (rouille jaune, rouille brune des blés et rouille naine de l’orge) que ce soit pour les carboxamides, les strobilurines ou les triazoles. Une bonne nouvelle dans un contexte où les rouilles sont de plus en plus observées dans les bassins céréaliers.
  • Aucune évolution de souches d’helminthosporiose ou de rhynchosporiose résistantes au cyprodinil (famille des anilinopyrimidines) ou à la fenpropidine (famille des pipéridines) n’est à signaler. Leurs modes d’action unique sont des atouts pour le T1 des orges.

(1) Le monitoring Syngenta analyse plus de 200 échantillons sur toute l’Europe chaque année
(2) Note commune 2021 sur les résistances aux fongicides céréales


Europe :  Plus de résistances dans les zones céréalières intensives - Aurélie Garraud, responsable technique Europe chez Syngenta

« Le développement des résistances est étroitement lié à l’intensification des cultures et aux conditions météorologiques plus ou moins favorables aux maladies. Il n’est donc pas surprenant que des pays comme l’Irlande ou l’Angleterre soient fortement impactés par le développement des résistances. Ainsi, dans ces 2 pays, les strobilurines sont très affectées par les résistances et ne présentent aujourd’hui plus d’efficacité vis-à-vis de la septoriose alors qu’en Pologne ou en Roumanie, elles affichent une efficacité de l’ordre de 80 à 90 %. Concernant la famille des carboxamides, alors qu’en France, la résistance est très installée vis-à-vis de l’helminthosporiose de l’orge, en Irlande et en Angleterre, ce sont les souches de septoriose qui sont devenues résistantes aux carboxamides. Il faut remarquer par ailleurs en Allemagne une perte de sensibilité des carboxamides et des triazoles vis-à-vis de la ramulariose de l’orge, problématique qui pourrait remettre en cause la culture de l’orge dans certaines zones du sud de ce pays. Dans le sud de l’Europe (Italie, Espagne), la pression des maladies foliaires est plus faible et nécessite moins de traitement occasionnant moins de résistances. »