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Je privilégie les variétés de blé tolérantes aux maladies

Céréales
14.02.2019
Tom Bourgeois

Thomas Bourgeois exploite 248 hectares dans l’Oise, la moitié est en production de semences. Il est président de la FNAMS.

Thomas Bourgeois est agriculteur en Picardie. La tolérance aux maladies est un critère majeur pour le choix des variétés de blé.

Comment intégrez-vous le risque maladies des blés ?

Mon exploitation se situe sur le plateau Picard dans l’Oise et mes blés sont confrontés chaque année aux principales maladies dont la septoriose, rouille brune et rouille jaune notamment mais aussi au piétin verse même si cette maladie s’exprime moins souvent. Je prends en compte ces risques dès le semis en orientant mon choix vers des variétés offrant une bonne tolérance à ces maladies. C’est un critère majeur pour choisir mes blés ; je préfère des variétés moins productives mais plus tolérantes aux maladies.

Ainsi en 2018, j’avais intégré dans mon choix la variété Chevignon, une variété de blé qui offre une excellente tolérance aux maladies et une bonne teneur en protéines. Je suis d’autant plus sensible à ce facteur que je suis producteur de semences et qu’à ce titre, je peux observer des profils de sensibilité aux maladies très différents.

Comment déterminez-vous le programme fongicide de vos blés ?

Sur les blés de consommation comme pour les blés en production de semences, je prévois le même programme fongicide, en général 3 à 4 applications fongicides, le dernier traitement étant centré sur la protection contre les fusarioses (maladie de l’épi).  Mais ce programme varie évidemment en fonction des années et de la pression des maladies que je peux observer grâce aux outils d’aide à la décision que j’utilise pour modéliser l’évolution des maladies ; ainsi en 2017, j’ai pu faire l’économie du T1.

Grâce à ces OAD, basés sur la simulation des différents stades de développement du blé, je peux désormais adapter les doses de fongicides pour les parcelles de blé destinées à la consommation. Cette modulation intraparcellaire que j’applique également pour la fertilisation, est particulièrement adaptée à mon exploitation avec des sols hétérogènes. 

Enfin, dans mon programme fongicide, j’alterne les matières actives afin de limiter le risque de développement des résistances. J’essaie également d’utiliser des produits formulés car les mélanges sont de plus en plus restrictifs sur le plan réglementaire. Comme pour les variétés, je suis très à l’écoute des innovations dans ce domaine.

> Article complémentaire : La génétique et la chimie face aux maladies des céréales

> Sur la même thématique Comment réussir sa protection fongicides céréales ? :