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L’état des résistances aux fongicides céréales en 2019

Céréales
27.02.2020
Septoriose du blé

L’état des résistances aux fongicides céréales en 2019 confirme une nouvelle fois la nécessité d’alterner et d’associer les familles chimiques.
 

Sur blés, vigilance sur les triazoles vis à vis de la septoriose

Selon le monitoring Syngenta (1) et les résultats issus de la note commune 2020 INRA/ANSES/Arvalis (2) sur les résistances aux fongicides céréales, les souches de septoriose les moins sensibles aux fongicides triazoles continuent de progresser avec en corollaire la disparition des souches les moins résistantes aux triazoles (Tri LR) au bénéfice de souches moyennement à hautement résistantes (MDR). Toutes les triazoles sont concernées par cette évolution avec une efficacité des triazoles qui s’érode. « Cette situation confirme la nécessité d’alterner les triazoles et de les associer dans les programmes fongicides ainsi que de les positionner en préventif afin que l’efficacité des fongicides de cette famille ne soit pas encore plus affectée » souligne Fabrice Blanc, expert technique national fongicides céréales chez Syngenta.

Sur blés, pas de perte d’efficacité des SDHI mais la prévention s’impose

Concernant les fongicides céréales de la famille des SDHI, les résultats de la note commune nationale et du monitoring Syngenta montrent qu’il y a une certaine progression des souches de septoriose résistantes aux SDHI. Néanmoins, en France, la fréquence de ces souches reste faible et se situe à un niveau proche de 2017. « Ces résultats confirment que la recommandation française de n’appliquer qu’un seul fongicide de la famille des SDHI par hectare et par an est payante » précise l’expert. La note commune nationale précise « qu’en pratique, dans nos conditions, il n'y a pas lieu de craindre de perte d’efficacité majeure des SDHI pour 2020 mais la prévention de cette résistance reste prioritaire ».

Sur orges, situation préoccupante des SDHI vis-à-vis de l’helminthosporiose

En revanche, la situation est plus préoccupante pour les fongicides SDHI vis-à-vis de l’helminthosporiose de l’orge. En effet, on observe une progression des souches plus spécifiquement résistantes aux SDHI depuis 2016. Elles représentent à ce jour environ 70 % des souches présentes en France. Malgré tout, commente Fabrice Blanc, « les SDHI conservent une efficacité intéressante (30 à 40 %) dans le cadre d’une association avec un autre fongicide ».

 


Bon à savoir concernant la résistance aux fongicides

  • Aucune résistance n’a été décelée concernant les rouilles (rouille jaune, rouille brune des blés et rouille naine de l’orge) que ce soit pour les fongicides SDHI, strobilurines ou triazoles. Une bonne nouvelle dans un contexte où les rouilles sont de plus en plus souvent observées dans les bassins céréaliers.
  • Depuis 2013, selon le monitoring Syngenta, aucune évolution de souches d’helminthosporiose résistantes au cyprodinil (famille des anilinopyrimidines) n’a été observée. Son mode d’action unique en fait un partenaire de choix du T1 des orges.
  • Concernant la ramulariose qui pourrait se développer dans les années à venir en France, peu de résultats de monitoring sont disponibles en France. En revanche, des phénomènes de résistance aux SDHI et aux triazoles ont été observés dans certains pays européens.

(1) Monitoring Syngenta : plus de 100 échantillons analysés chaque année
(2) Note commune 2020 sur les résistances aux fongicides céréales 


> Pour aller plus loin :