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Contrôler les maladies de début de cycle sur blés et orges

Céréales
06.04.2020
Piétin verse

Rouille jaune et piétin verse se développent sur blés et la rhynchosporiose sur orges. Prévoir un T1 en situation à risque.

Fort risque piétin verse et rouille jaune sur blés.

Début avril, la majorité des céréales sont au stade épi 1 cm à 1 à 2 nœuds dans les régions céréalières du sud de la France, ce qui situe 2020 comme une année plutôt en avance sur les années antérieures. Si les conditions climatiques fraîches de la fin mars ont ralenti les stades et freiné le développement des maladies, les risques climatiques de sortie d’hiver étaient élevés à très élevés pour le piétin verse et la rouille jaune, « risques confirmés par notre modèle de prévision Avizio™ avec plusieurs parcelles qui déclenchaient un traitement dès la fin mars avec une projection par ce modèle de plus en plus de parcelles qui pourraient nécessiter un traitement au 6 avril selon l’évolution des conditions météorologiques » observe Fabrice Blanc, expert technique national fongicides chez Syngenta.
L’automne et l’hiver doux et pluvieux ont en effet été très favorables au développement du piétin verse qui pourrait faire son retour pour la campagne 2020. Les modèles de prévision TOP (SRPV), qui permettent d’avoir un indice de risque piétin verse au niveau régional sur blé tendre en sortie d’hiver, confirmaient en effet dès début mars pour les semis précoces ce risque climatique élevé dans la plupart des régions céréalières avec un indice 50 souvent dépassé, ce qui situe l’année 2020 au même niveau 2001, année record pour les attaques de piétin verse. Cette maladie, un peu oubliée des céréaliers ces dernières années est pourtant potentiellement très préjudiciable pour la qualité de la récolte (en raison de la verse) et pour le rendement.
L’autre maladie qui nécessite une grande vigilance en ce début de printemps est la rouille jaune avec dès fin mars des foyers observés dans différents bassins de production. Les conditions climatiques ont aussi été très favorables au développement de cette maladie qui se caractérise notamment par son caractère explosif. « Ce sont les attaques précoces, souvent détectées trop tard, qui provoquent les plus grosses pertes de rendement. Aussi, il faut parfois déclencher le traitement dès le stade épi 1 cm si des foyers actifs de rouille jaune sont observés. A partir du stade 1 nœud, il faut intervenir dès la présence des premières pustules sur l’exploitation. Si elle n’est pas bien contrôlée dès le départ, cette maladie peut devenir difficilement contrôlable par la suite » explique Fabrice Blanc. La vigilance doit donc être très importante car les modèles indiquent un niveau de risque élevé et certaines variétés tolérantes présentent d’importants doutes de contournement de cette tolérance. Pour rappel, la rouille jaune du blé est une maladie avec une nuisibilité moyenne de 20 q/ha dans nos essais, mais qui peut atteindre dans les situations les plus graves 50 à 60 q/ha.
Enfin, en ce début avril, la septoriose est bien présente sur les feuilles basses, à surveiller avec le retour de conditions climatiques plus favorables (pluies et douceur).


T1 des blés
Protéger les blés en situation à risque

En fonction du niveau de risque évalué par les outils d’aide à la décision (Avizio notamment) mais aussi de la sensibilité des variétés, un T1 peut être envisagé pour protéger les blés, à partir du stade épi 1 cm sur piétin verse et sur rouille jaune. Pour contrôler le piétin verse, une intervention avec du cyprodinil est efficace et pour maîtriser la rouille jaune du blé, beaucoup de solutions fongicides sont disponibles en particulier dans la famille des triazoles et/ou des strobilurines.


T1 des orges
Risque rhynchosporiose sur orges

Sur orges, les conditions climatiques restent favorables au développement de la rhynchosporiose. « Cette maladie de début de cycle qui se dissémine à la faveur du vent et/ou des éclaboussures de pluie peut occasionner des pertes de rendement de 20 à 30 % » remarque Fabrice Blanc. Dans les situations à risque tels que des semis précoces, les orges de printemps semées à l’automne et surtout pour les variétés sensibles, il est recommandé de protéger les orges pour contrôler la rhynchosporiose mais aussi limiter le développement des autres maladies qui affectent cette culture comme l’oïdium ou l’helminthosporiose.
Une première intervention sur orges à base de spécialités contenant de la fenpropidine ou à base de cyprodinil associé à un partenaire, pourra donc s’avérer judicieuse pour préserver le rendement, notamment sur les variétés les plus sensibles. « Selon 110 essais conduits par Syngenta de 2010 à 2018, le bénéfice du T1 dans la protection des orges est en moyenne de + 6,7 q/ha » rappelle Fabrice Blanc. Pour une efficacité optimale, un positionnement le plus tôt possible dans le cycle des maladies est recommandé entre les stades 1 et 2 nœuds des orges.