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La clé pour une Protection Fongicide Responsable adaptée

Céréales
30.10.2019
Protection Fongicide Responsable

Face aux évolutions génétiques, techniques et réglementaires, la Protection Fongicide Responsable s’adapte aux problématiques des agriculteurs.

Accompagner les agriculteurs dans une Protection Fongicide Responsable

« Avec le retrait annoncé de plusieurs fongicides céréales mais aussi l’évolution des résistances aux fongicides et le développement de variétés avec de nouveaux profils de tolérance aux maladies, les céréaliers vont être confrontés à une nouvelle donne pour protéger leurs céréales des maladies » observe Fabrice Blanc, Expert Technique National fongicides céréales chez Syngenta. C’est pourquoi, Syngenta fait évoluer la Protection Fongicide Responsable, démarche de progrès qu’elle propose aux céréaliers depuis plusieurs années, afin de pérenniser l’efficacité des fongicides sur les céréales malgré le développement de résistances des maladies des blés et des orges à certaines familles de fongicides. « Les bases de la PFR reposent toujours sur l’alternance des familles chimiques, l’utilisation de molécules multisites, à sites d’action ou appartenant à des familles uniques. Nous avons souhaité accompagner les programmes avec des recommandations adaptées aux évolutions en cours ».

Anticiper les évolutions génétiques, techniques et règlementaires

Le nouveau contexte de la protection fongicide des céréales

  • Avec des conditions de réinscription des matières actives de plus en plus strictes, plusieurs matières actives fongicides céréales vont être retirées du marché à court terme. Les fongicides triazoles les plus efficaces sur les rouilles sont concernées. Les céréaliers vont devoir construire leur programme avec moins de spécialités fongicides. Or, la rouille jaune et la rouille brune sont deux maladies avec des potentiels de nuisibilité très importants.
     
  • Les différentes souches de maladies des céréales moins sensibles aux fongicides continuent à évoluer et deviennent de plus en plus difficiles à contrôler avec les fongicides. Dans le cas des triazoles, les souches de septorioses les plus résistantes à cette famille continuent à progresser. 
    Par ailleurs, en 2019, des cas de contournement de tolérances variétales se sont révélés concernant la rouille jaune. De nombreux BSV (Bulletins de santé du végétal) ont ainsi signalé l’apparition de foyers sur des variétés notées tolérantes (avec une note rouille jaune ≥7) qui représentent plus de 35 % des surfaces en France. La situation devient donc préoccupante concernant la résistance variétale à la rouille jaune et nécessite d’adapter la protection fongicide.
     
  • Le travail de recherche des sélectionneurs a permis un renouvellement variétal important avec la sélection de nouvelles variétés toujours plus tolérantes aux maladies les plus fréquentes des céréales comme l’helminthosporiose de l’orge et la septoriose des blés . Ce choix de sélection s’est fait parfois au détriment des tolérances aux rouilles sur blés comme sur orges. Résultat, le risque variétal pour les deux principales maladies du blé a évolué :  sur blé tendre d’hiver, le pourcentage de surfaces semées avec des variétés très à moyennement sensibles à la septoriose a diminué (81 % en 2016 et 63 % en 2018 *) alors que le pourcentage de surfaces implantées avec des variétés très à moyennement sensibles à la rouille brune a progressé (72 % en 2016, 75 % en 2019*). 

    Ce renouvellement variétal devrait aussi conduire à une évolution de la typologie des variétés d’orge d’hiver implantées en France avec une baisse des surfaces semées avec des variétés sensibles à l’helminthosporiose (48 % des surfaces en 2019 contre 60 % en 2018*). Une tendance qui devrait s’accentuer en 2020 à la vue de l’évolution des hectares de multiplication, « dans les régions nord et ouest de la France, souligne Bertrand Moncomble, Responsable technique terrain Nord-Ouest chez Syngenta, cette évolution sera encore plus marquée ».

*Source Panel ADquation et Syngenta

 

 

Les grands principes de la PFR sur orges et blés

 

  1. Le T2, pivot des programmes fongicides du blé tendre
    L’intervention fongicide autour du stade DFE (dernière feuille étalée) des blés est la plus importante. « Il est impératif à ce stade de réaliser un parfait contrôle du complexe maladies « septorioses et rouilles » avec un T2 qui reste le pivot du programme de protection fongicide » observe Fabrice Blanc. Au préalable, un T1 à dose adaptée en fonction du risque maladies permettra le positionnement optimal de ce T2 en préventif, garantie d’une bonne efficacité et de la prévention des résistances. Et, dans les régions à maturité tardive, un traitement relais à dose modulée pourra être envisagé afin de protéger les blés de la septoriose et des rouilles tardives.

  2. Utiliser un fongicide multisite sur les parcelles de blé à risque septoriose
    Pour les parcelles de blé tendre d’hiver dans les zones à risque septoriose élevé (régions favorables, variétés sensibles, conditions climatiques favorables), il est recommandé d’utiliser au T1 un fongicide multisite comme le chlorothalonil avec l’appui d’un outil d’aide à la décision (Avizio par exemple).

  3. Limiter l’utilisation des triazoles sur orge d’hiver
    Les fongicides de la famille des triazoles sont largement utilisés pour protéger les orges d’hiver. Afin de préserver leur efficacité durablement, il est préférable de limiter leur utilisation. « L’association fenpropidine + cyprodinil (Meltop One + Unix Max) permet de répondre à l’objectif de réduction de pression de sélection sur les triazoles. Les performances de cette association sont prouvées dans de nombreux essais Syngenta mais aussi externes » commente Fabrice Blanc.

  4. Réserver les fongicides strobilurines pour les orges sensibles à l’helminthosporiose
    Les orges hybrides, comme la majorité des nouvelles lignées d’orges d’hiver, présentent une bonne tolérance à l’helminthosporiose. Sur ces génétiques, l’application au T2 d’une spécialité triazole associée à un fongicide SDHI (comme Elatus Era) assure un très bon contrôle des maladies foliaires sans nécessité d’ajout d’une strobilurine. Ce nouveau paysage variétal permet de se passer au T2 de l’ajout d’une strobilurine et de réserver les fongicides de cette famille aux variétés d’orges les plus  sensibles à cette maladie. Les céréaliers ont ainsi la possibilité de réduire la pression de sélection sur les strobilurines et de faire l’économie d’un fongicide supplémentaire au T2 soit un bonus équivalent à 1 quintal par hectare. Cela contribue aussi à limiter le développement des souches doublement résistantes aux SDHI et aux strobilurines.