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Chaleur puis gel, quel impact sur les maladies des céréales ?

Céréales
13.04.2021
Chaleur puis gel, quel impact sur les maladies des céréales ?

Le développement des maladies des céréales sera conditionné par le retour des pluies comme l’explique Fabrice Blanc*.

Quel sera l’impact du gel de début avril sur les céréales ?

La sortie d’hiver 2021 a été marquée par des conditions climatiques très contrastées avec une période particulièrement chaude fin mars puis des températures très froides la première semaine d’avril, en particulier la nuit, avec de fortes gelées (-7 à -12 °C localement en plaine) dans la plupart des bassins céréaliers.
La première période, chaude, a été favorable au développement des céréales avec pour conséquence des stades parfois très avancés début avril, notamment dans la moitié sud de la France (avant la chute des températures) : entre 2 nœuds et dernière feuille pointant pour les céréales les plus avancées alors que d’autres céréales plus au Nord et à l’Est entamaient seulement leur montaison (stade épi 1 cm).
La deuxième période, début avril, avec des gels très prononcés, a fragilisé les céréales les plus développées comme l’indique Arvalis – Institut du Végétal dans une récente communication.

*Fabrice Blanc, expert technique national fongicides céréales chez Syngenta


Focus - Espèce, stade, exposition, 3 facteurs déterminants face au gel

  • A température égale, les cultures les plus avancées (entre 2 nœuds et dernière feuille pointante voire méiose localement) sont plus fragiles que celles qui entament la montaison (stade épi 1cm).
  • Au-delà des stades, les espèces ont des différences de sensibilité au froid : les blés durs et les orges (hiver et printemps) sont plus sensibles que le blé tendre.
  • Les fonds de vallée, les bords de haie et les versants nord sont plus exposés car ces facteurs impactent fortement l’intensité et la durée du gel.

Source : Arvalis-Institut du Végétal


Faut-il craindre le retour des maladies sur les blés ?

Les fortes gelées ont freiné le développement des plantes ainsi que la progression des maladies.
Mais, c’est le retour des pluies, même associé à des températures toujours fraîches, qui doit inciter à la plus grande vigilance en particulier sur des maladies comme le piétin verse et la septoriose. L’oïdium et la rouille jaune, qui elles, bénéficieront du retour d’hygrométries plus élevées sont également à surveiller de près.
En effet, pour ces maladies, les contaminations peuvent se produire à des températures basses (dès 2° C pour la rouille jaune et l’oïdium, dès 4 °C pour le piétin verse ou encore dès 5°C pour la septoriose). Au-delà du niveau des températures, ce qui conditionnera la progression et le développement de ces maladies, c’est la nature des épisodes pluvieux à venir : des pluies conséquentes sont plutôt favorables au piétin verse et à la septoriose alors que des pluies plus faibles sont favorables à l’oïdium et à la rouille jaune.
Pour intervenir à bon escient, les agriculteurs peuvent s’appuyer sur les outils d’aide à la décision comme Avizio™ qui permettent de prévoir selon les modèles, le risque maladies des blés à 10-12 jours. Au 8 avril, de plus en plus de parcelles suivies par l’OAD Avizio étaient en incubation pour la rouille jaune et la septoriose avec d’ores et déjà des niveaux de risque élevés.

Quelle est la situation sanitaire pour les orges ?

Comme pour les blés, le retour des pluies va permettre à certaines maladies de progresser. Il faut en particulier surveiller la rhynchosporiose qui peut se développer dès 2°C, la rouille naine (active dès 5° C avec une forte hygrométrie) mais aussi l’helminthosporiose, maladie qui nécessite toutefois des températures plus douces pour se développer (optimum de développement se situe entre 12 et 16 °C).