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Maîtriser l’oïdium du concombre avec les biocontrôles

Biocontrôle
12.10.2020

Une expérimentation en région nantaise a montré qu’un programme « tout biocontrôle » permet de maîtriser l’oïdium du concombre.

L’oïdium, la bête noire des producteurs de concombres

L’oïdium est la maladie la plus dommageable pour les producteurs de concombre sous abri qui représente 95 % de la production française. En effet, souligne Laurent Tasset, Ingénieur Solutions Agroécologie chez Syngenta, « sous abri, la chaleur et l’hygrométrie sont deux facteurs favorables au développement de cette maladie ». Les producteurs sont donc très vigilants tout au long de la période de production, soit sur 3 à 5 mois pour ne pas laisser l’oïdium s’installer. « En pratique, les maraîchers interviennent avec des produits conventionnels dès qu’ils observent de l’oïdium et renouvellent les applications en fonction de la pression » observe Laurent Tasset, « et avec les exigences des consommateurs et des circuits de distribution, ils sont de plus en plus en attente de solutions fongicides qui permettent de gérer les résidus comme les biocontrôles ».

Un programme « tout biocontrôle » très prometteur

Pour répondre à ces nouvelles attentes, Syngenta a mis en place sur la région nantaise avec le CDDM (Comité Départemental de Développement Maraîcher) un essai avec un programme de protection utilisant exclusivement des solutions de biocontrôle. Pour éviter l’installation de l’oïdium, le programme a été construit avec des biocontrôles présentant différents modes d’action :

  • Fytosave® (1), solution de biocontrôle à base de COS-OGA pour les 3 premières applications afin de stimuler les défenses naturelles de la plante,
  • une solution de biocontrôle à base de bicarbonate de potassium afin d’assainir quelques tâches d’oïdium pour une application,
  • Taegro®, solution de biocontrôle à base de Bacillus amyloliquefaciens pour 4 applications. Ce biocontrôle protège la plante grâce à la colonisation par les micro-organismes qui entrent en compétition avec le pathogène. Taegro a été utilisé avec du soufre afin d’optimiser l’efficacité (à la dose de 3 kg/ha pour la première application et 1,5 kg/ha pour les 3 applications suivantes).

Cette stratégie mise en œuvre sur une 2ème production de concombre de l’année (de mi-avril à mi-juillet) a donné toute satisfaction, « le maraîcher a réussi à contenir l’oïdium avec un programme exclusivement composé de biocontrôles » remarque Laurent Tasset. « Cet essai démontre que les biocontrôles permettent de protéger les concombres de l’oïdium. Ces nouvelles solutions doivent impérativement être utilisées en préventif ».


Tomate, des biocontrôles dans le programme de lutte contre l’oïdium

Des biocontrôles intégrés dans un programme de protection chez un producteur de tomates ont permis de contrôler l’oïdium.

« Comme pour le concombre, la production est réalisée sous abri, avec aussi des conditions favorables au développement de l’oïdium (hygrométrie et chaleur) » souligne Laurent Tasset. La maîtrise de l’oïdium se gère plus facilement avec notamment, certaines variétés plus tolérantes à l’oïdium et une utilisation du soufre avec des doses plus élevées qu’en concombre. Avec l’appui et le suivi du CDDM, Syngenta a mis en place en 2018 un essai chez un producteur de la région nantaise avec un programme intégrant des biocontrôles pour protéger les tomates contre l’oïdium. Cette stratégie incluait notamment :

  • 2 fongicides conventionnels pour maîtriser l’oïdium présent en début de saison,
  • 3 applications de Fytosave, biocontrôle à base de COS-OGA pour stimuler les défenses naturelles des plants de tomate,
  • 5 applications de Taegro afin que les Bacillus de cette spécialité colonisent les plants de tomate et les protègent ainsi contre l’oïdium,
  • d’autres spécialités de biocontrôle ont été utilisées les semaines suivantes car le cycle de la tomate est très long,
  • et en complément, quelques applications localisées de soufre quand des symptômes d’oïdium étaient observés.

« Ce programme a permis de protéger efficacement les tomates contre l’oïdium avec des solutions de biocontrôle qui répondent aux nouvelles attentes des consommateurs et de la filière » souligne Laurent Tasset, « ces produits de biocontrôle avec des délais de réentrée de 8 heures facilitent par ailleurs l’organisation du travail et la récolte des tomates » ajoute-t-il.


Expert

« Le biocontrôle nécessite un accompagnement des producteurs »

Par Arjuna Ravindirane, chargé de mission santé des plantes et cultures sous abri au CDDM

« Les solutions de biocontrôles sont souvent des matières vivantes vis à vis desquelles il est indispensable de comprendre le (s) mode (s) d’action afin de les positionner au mieux dans les programmes de protection. Pour l’utilisation des biocontrôles, l’accompagnement des producteurs est très important. Au-delà des aspects techniques, il est essentiel de leur expliquer que le résultat d’un programme biocontrôle peut être très satisfaisant sans que la maladie visée soit totalement éradiquée. Les essais que nous avons pu réaliser sur concombre et tomate démontrent tout l’intérêt des biocontrôles utilisés en programme. Les producteurs y sont très favorables tout comme les acteurs des filières concernées. Seul bémol, les renouvellements de traitement sont plus rapprochés par rapport aux produits conventionnels mais l’automatisation des interventions dans les abris permet en partie de lever ce frein. Cependant les fréquences d’application restent problématiques surtout lorsqu’on veut lutter contre plusieurs bioagresseurs. »

(1) La solution FytoSave® remplace la solution Bastid® depuis janvier 2020

En savoir plus sur Taegro :
Taegro, 3 modes d’action pour protéger la vigne et les légumes
Comment utiliser le biocontrôle Taegro ?