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Bassin versant : jouer collectif pour baisser la pression phyto!

Bonnes pratiques
22.03.2019
Pédagogie agriculteur

La réduction des contaminations de l’eau par les produits passe par la synergie des compétences.  

Sur le bassin versant du Chifrouet, pour réduire les contaminations de l’eau par les produits phytosanitaires, agir ensemble et jouer la synergie des compétences, c’est le choix qu’ont fait la communauté d’agglomération « Lamballe Terre & Mer » avec l’appui de la Chambre d’Agriculture de Bretagne et les acteurs locaux.  

Carton rouge pour les herbicides 

« Les résultats des analyses en pesticides des cours d’eau, suite à des épisodes pluvieux importants au printemps, sur les bassins versants du territoire que couvrent la communauté de communes, nous ont alerté sur la nécessité de renforcer nos actions de prévention vers le secteur agricole. Les dépassements de seuils observés au printemps sont majoritairement liés aux herbicides maïs». indique Solène Carduner, coordinatrice Bassin versant et Littoral à la Direction Environnement de « Lamballe Terre & Mer ».

Jean-Luc Barbo qui en est le vice-président, en charge des milieux naturels et du développement durable,  précise : «  Il y a une vrai nécessité à mobiliser les agriculteurs sur des changements de pratiques si nous voulons éviter de nouvelles contraintes et impasses réglementaires. La mobilisation des agriculteurs pour baisser les concentrations en nitrates dans les cours d ‘eau a fonctionné. Cela est possible aussi vis-à-vis des pesticides ». Partant de ce constat, avec l’appui de la Chambre d’Agriculture de Bretagne et de l’ensemble des acteurs locaux, trois réunions de sensibilisation au « Desherbage durable du maïs » ont été organisées courant mars sur le bassin versant du Chifrouet. «  Ce bassin est assez représentatif du territoire et nous avons décidé cette année d’y concentrer nos efforts. Au-delà du suivi de l’évolution des analyses d’eau, nous prendrons comme indicateur de suivi, le taux de participation aux réunions, les demandes suscitées sur les aménagements et les changements de pratiques vers de nouveaux modes de désherbage. S’il porte ses fruits, le plan pourra être dupliqué sur d’autres bassins versants. » ajoute Solène.   

Collaborer et porter des messages cohérents 

Si la communauté d’agglomération  a joué le rôle de catalyseur, c’est l’antenne locale de la Chambre d’Agriculture de Bretagne qui a créé le lien avec les acteurs de la filière. «  Pour  réussir, il faut que tout le monde porte le même message aux agriculteurs. Une première réunion avec Syngenta, les coopératives, négoces et sociétés de conseils intervenant localement a permis de définir un plan d’action. 70 agriculteurs environ sont concernés par le maïs sur le bassin. C’est possible de les toucher tous au travers des différentes structures et interlocuteurs.» s’enthousiasme Cédric Jaffry, l’animateur de la Chambre.

La première étape a consisté à enquêter sur les pratiques et à cartographier le bassin versant pour y définir les parcelles potentiellement les plus vulnérables au risque de contamination, avec l’appui du SAGE Baie de Saint-Brieuc. Les paramètres pris en compte sont la présence  de zones humides, la proximité de cours d’eau et fossés, le drainage, les bandes tampons et les pentes. Cette cartographie, partagée avec les organismes d’approvisionnements phytosanitaires et conseillers, va permettre à chacun de faire un conseil adapté à la parcelle selon son risque de transfert. En fin de saison, une « Vigie flore » sur une centaine de parcelles représentatives permettra d’évaluer les résultats et la satisfaction des agriculteurs par rapport aux nouvelles recommandations de désherbage qui seront portées par l’ensemble des acteurs.  

Gagner en sensibilisant les agriculteurs

Gagner en sensibilisant les agriculteurs 

Cinq ateliers animés par les différentes structures ont permis à une quarantaine d’agriculteurs de découvrir le plan  et de parfaire leurs connaissances sur la gestion durable du désherbage.  Les thématiques abordées étaient très concrètes : aménager son parcellaire pour limiter les transferts, adapter le désherbage à la parcelle et au risque parcellaire, maîtriser la dérive, gérer les fonds de cuve, introduire le désherbage mécanique dans la stratégie de désherbage.  

A l’issue de la réunion, les agriculteurs recevront des conseils individualisés. Pas de recette toute faite donc mais, aux dires des participants, leur curiosité a été aiguisée sur les pratiques combinées sur le désherbage par exemple. Ils se sentent plus aguerris et seront plus vigilants pour attaquer la nouvelle saison de désherbage maïs.

 

> Sur la même thématique : Désherbage du maïs : 5 ateliers pour des pratiques plus durables